Sunday, December 19, 2004

Le chant des partisans

L’éditorial de la Columbia Journalism Review (CJR) du mois de novembre/décembre revient sur une étude du Pew Research Center (PRC) présentée en juin 2004 et consacrée à la montée de la politisation de l’audience en matière d’information aux Etats-Unis.

Les résultats de l’étude montrent que, parmi les nouvelles habitudes du public, il existerait une demande croissante d’information partisane. Depuis 2000, le nombre d’Américains qui regardent régulièrement Fox News est passé de 17% à 25%, alors que les autres chaînes d’informations connaissent une stagnation, précise le PRC. Et parmi les fidèles de la chaîne de Rupert Murdoch, plus de la moitié (52%) se positionnent politiquement comme conservateurs. CNN, le principal rival de la Fox, a gagné plus de téléspectateurs qui se considèrent comme démocrates.

A l’aune de ces conclusions, l’éditorial de la Columbia Journalism Review suggère que "peut-être, les gens veulent simplement voir leurs opinions renforcées". A cet égard, l’édito cite Anne Applebaum du Washington Post qui estime que les médias sont en train de retourner à une "norme plus combative", celle de la "pré-télevision". Une époque où l’esprit partisan était une chose normale, où le lecteur avait une idée claire des opinions qui caractérisaient le journal qu’il lisait chaque jour. Une époque, donc, pré-télévisuelle.

Cette idée, que "peut-être, les gens veulent simplement voir leurs opinions renforcées", semble faire écho à un article récemment publié dans Le Monde (du 19/12/04) par Alain Bentolila, au sujet de la "télé-culture" et des risques qu’elle comporte pour l’éducation des "enfants-élèves". Selon lui, "la production audiovisuelle voue aujourd'hui un véritable culte au prévisible et tient l'imprévisible pour une erreur de stratégie." Il poursuit en expliquant que "dans l'immense majorité des séries télévisuelles, il n'est même pas nécessaire d'annoncer la couleur de l'épisode suivant. La stéréotypie des personnages, à la limite de la schizophrénie, le confinement dans un lieu unique et le conformisme absolu de l'intrigue aux modèles de pensée majoritaires suffisent pour que l'on ait toujours un temps d'avance sur les images et dialogues et que l'on goûte ainsi au plaisir particulier de ceux qui se sentent initiés." Le rapprochement est assez facile à faire avec les propos tenus plus haut. Le public a besoin de comprendre vite et bien. Il veut des certitudes dans un monde frappé d’anomie, c’est à dire de perte généralisée des repères et des valeurs : "Assurés de comprendre parce que nous savons déjà une grande partie de ce que nous allons voir et entendre, nous pouvons nous enfoncer mollement dans un univers débarrassé de toute exigence de questionnement, enfin certains d'être à tout coup intellectuellement à la hauteur. " (A. Bentolila dans Le Monde).

Ces deux thèses mises en parallèle (le besoin de médias partisans d’une part, et le désir de prévisibilité à l’écran du téléspectateur d’autre part) semblent fondées sur le même ressort : l’absence d’effort intellectuel pour dénouer les enjeux d’une situation, quelque qu’elle soit. Il pourrait s’agir d’une sorte d’ "idéologie du téléspectateur" pour qui le monde et sa compréhension immédiate s’imposeraient d’eux-mêmes. La réalité (transmise par les canaux audiovisuels) deviendrait objective. Elle annihilerait de fait, tout ce qui, par la recherche de la nuance, pourrait être qualifié d’intellectualisme. Nous serions finalement assez proche de l’information telle qu’elle est présentée à la télévision aujourd’hui.

Tuesday, December 14, 2004

Quand Le Monde communique – encore – sur Lagardère (2)

La direction du Monde aurait-elle quelque message subliminal à faire passer à ses lecteurs au sujet de son futur investisseur, le groupe Lagardère ? Après une belle tranche de communication offerte samedi dernier (11/12/04) au groupe qui devrait monter dans le capital du Monde SA à hauteur d’un "montant compris entre 10 et 20 millions d'euros", il s’agit cette fois de vanter l’excellente santé financière du groupe Hachette, la branche livre de Lagardère.

Une formidable pleine page à la rubrique Entreprises, d’une objectivité confondante, vante à n’en plus finir la "stratégie raisonnée et prudente qui a permis au groupe Hachette de se hisser en un temps record parmi les principaux acteurs mondiaux : il était onzième à la fin 2002, il est désormais le cinquième éditeur mondial."

Le message est clair : Hachette est un groupe sain, en bonne santé financière, qui développe sa stratégie à l’international tout en restant prudent ; la direction du Monde mise donc sur un futur investisseur qui ne comporte aucun risque pour sa survie financière. L’article martèle les arguments.

"2004 est décidément une année faste pour la branche livre de Lagardère. Au premier semestre, celle-ci a vu son résultat d'exploitation croître de 26,6 %. Pour l'année pleine, le PDG d'Hachette Livre, Arnaud Nourry, reste prudent, mais ne cache pas que les chiffres devraient avoir "une bonne tête". Ou encore, « L'avenir ? Il est probable que peu d'opérations de croissance externe spectaculaires soient à attendre dans les deux ou trois ans."

Et pour mieux convaincre, l’article montre à quel point Hachette s’est distingué de son concurrent Editis :

"Au total, alors qu'en 2003 les chiffres d'affaires des deux maisons étaient sensiblement voisins (958 millions d'euros pour Hachette Livre, 928 pour Editis), le fossé s'est considérablement creusé en 2004 : 1,55 milliard d'euros pour Hachette, contre seulement 696,5 millions d'euros pour l'ensemble racheté cet été par Wendel Investissement. (…) Quoi qu'il en soit, si l'on compare deux photographies d'Hachette Livre à deux ans d'écart, on est frappé par la façon dont cette structure a changé de visage. Alors qu'il y a deux ans Editis était le groupe français tourné vers le reste du monde et qu'Hachette paraissait beaucoup plus hexagonal, les rôles se sont inversés."

Le message est-il assez clair ? Le Monde SA n’aura pas à pâtir d’opérations risquées de la part de son futur investisseur. Les salariés et les flotteurs du groupe (notamment les Publications de la Vie Catholique, récemment acquises) peuvent rester sereins : l’entrée de Lagardère dans le capital ne comporte aucun risque financier.

Mais, certaines âmes soucieuses des concentrations dans le secteur de la presse et de l’édition française pourraient trouver à redire quant à la sauvegarde de la sacro-sainte indépendance éditoriale. Fadaises, Le Monde à déjà une réponse. Un second article, intitulé "En Grande-Bretagne, un conglomérat très rentable qui publie 400 000 titres par an", revient sur le rachat par Hachette en août, "pour un montant de 210 millions de livres sterling (309 millions d'euros)", des éditions Hodder Headline, le numéro quatre de l’édition britannique. L’auteur de l’article n’y voit là qu’ "une contribution comme une autre aux célébrations de l'Entente cordiale." Les éventuels esprits chagrins peuvent donc être rassurés tout de suite :
"Autonomie, tel est en effet le maître mot. Hormis un "partage des ressources en matière de technologie de l'information, de distribution et de ressources humaines", les quatre maisons londoniennes de Hachette UK restent elles-mêmes, sans fusion ni siège commun."
Le message est une nouvelle fois limpide : l’entrée de Lagardère dans le capital ne comporte aucun risque financier. En somme, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. L'avenir est radieux.

Monday, December 13, 2004

Le Monde crée La Fondation Le Monde...

Une nouvelle direction a été nommée à la tête du Monde aujourd'hui :

PARIS, 13 déc 2004 (AFP) - Gérard Courtois, 55 ans, rédacteur en chef, éditorialiste et président de la Société des personnels du Monde, a été nommé lundi directeur délégué, directeur de la rédaction du quotidien, a annoncé la direction du Monde".
Et que devient Edwy Plenel ?
PARIS, 13 déc 2004 (AFP) - De son coté, Edwy Plenel, détaché de la direction, conserve ses fonctions de rédacteur en chef pour la "conception, la création et la mise en place d'une fondation Le Monde" dont il sera le directeur. "C'est un défi intellectuel", a déclaré Jean-Marie Colombani, patron du Monde.
C'est étonnant ! Ce week-end, Le Monde consacrait une pleine page aux Médias qui créent "des fondations pour pour prolonger leur action et renforcer leur marque", et dès le lundi, on apprend que Le Monde lance sa propre fondation d'entreprise.
C'est là une illustration de ce qui a déjà été dénoncé par Péan et Cohen dans leur livre La face cachée du Monde : la page Médias du quotidien du soir sert le plus osuvent d'organe officieux de communication de la direction.
Edwy Plenel ne quitte donc pas vraiment le navire. Il a dû être forcé de rester à bord. Car il avait justifié sa démission, dans son communiqué du 29 novembre, en expliquant qu'"après dix années dévouées à l’animation éditoriale de notre collectivité, je souhaitais revenir aux joies simples du journalisme et de l’écriture. " Bigre, le voilà obligé de rempiler au Monde. Lui qui voulait se sustanter de joies simples.

Saturday, December 11, 2004

Quand Le Monde communique sur Lagardère (1)

A l’heure où Le Monde a entamé des discussions avec Hachette et le groupe Lagardère en vue d’une recapitalisation du Monde SA, la holding économique du groupe, le "quotidien de référence" a récemment offert à ses lecteurs un grand moment de journalisme. Précisons que Le Monde, qui recherche actuellement une "cinquantaine de millions d’euros" selon Jean-Marie Colombani, doit faire face à des pertes estimées à 147 millions d’euros, d’après un récent audit.

Dans son édition datée du 11/12/04, le quotidien propose dans sa page Médias (P.32) d’informer ses lecteurs sur le développement des fondations d’entreprise en France et annonce dans son titre : "Les médias créent des fondations pour prolonger leur action et renforcer leur marque". L’article commence en annonçant la naissance de la Fondation Elle, dont le but est de "scolariser, informer, former, rendre autonome" et d’accompagner "l’évolution, l’émancipation, et la place des femmes dans la société". Il n’est pas inutile de rappeler que le magazine Elle est le navire amiral du groupe Hachette Filipacchi Médias (HFM), filiale du groupe Lagardère.

L’article continue en nous expliquant que "cette initiative n'est pas la première de ce genre dans le monde des médias. La maison mère du magazine, le groupe Lagardère, en abrite une depuis près de quinze ans. Connue sous le nom de Fondation Hachette, elle a été rebaptisée Fondation Jean-Luc Lagardère en novembre 2003, après la mort de l'ancien président du groupe, en mars de la même année." Les auteurs de cet article, les journalistes Laurence Girard et Bénédicte Mathieu, informent le lecteur que la Fondation Jean-Luc Lagardère s'est donnée pour but "d'aider les jeunes dans les domaines de l'écrit et de l'audiovisuel (…). Mais aussi de participer à la diffusion de la culture française en France et à l'international. Elle construit en particulier des médiathèques dans des hôpitaux, en France et à l'étranger." L’article poursuit en expliquant que "le projet du magazine Elle est aussi à mettre en perspective avec le dynamisme de création des fondations d'entreprise en France. (…) En l'espace de quelques mois, des grandes entreprises comme le spécialiste de l'eau et du traitement des déchets Veolia Environnement, mais aussi le groupe aéronautique et de défense franco- allemand EADS ont créé leur fondation d'entreprise". On n’apprendra sans doute à personne qu’Arnaud Lagardère est le co-président du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS

Dans un second article, un éclairage en rajoute une louche, cette fois ouvertement dithyrambique, sur la Fondation du magazine Elle, sous le titre suivant : "Elle conjugue engagement et glamour". Une large place est donnée à la communication autour du projet qui est "un prolongement de notre engagement. Il s'agit d'aller au-delà de notre magazine, au-delà de nos reportages ou de nos éditoriaux. A Elle, nous avons cette dualité : nous pouvons faire du glamour et, dans le même temps, aborder l'émancipation des femmes et la soutenir. Tout cela cohabite très bien" (grand écart réalisé par Valérie Toranian, la vice-présidente de la Fondation et directrice de la rédaction de Elle).

Ces deux articles illustrent à merveille le mal-journalisme contemporain, fait de communication travestie en information, de conflits d’intérêts manifestes, et d’éthique jetée au panier. Le non respect absolu du lecteur. Et pourtant, dans une autre vitrine du quotidien du soir, Le Monde 2 – censé développer la "marque" Le Monde – Edwy Plenel (qui a été poussé par les pressions de la rédaction et des actionnaires à démissionner le 29 novembre) se lançait récemment dans de grandes tirades pompeuses sur le rôle, la pratique et l’éthique du journalisme : "Autant qu’une histoire immédiate, le journalisme est une sociologie du présent. Par ces temps de discrédit insistant, du métier et de se supports, des journalistes et des médias, l’affirmation fera sourire tous ceux qui, faute de messages réjouissants, n’ont de cesse de critiquer les messagers que nous sommes" (Le Monde 2, n°41, 27/11/04). Un peu plus loin, l’auteur nous gratifiait d’une définition valeureuse du journalisme selon Edwy Plenel : "aller au-delà de la nouveauté immédiate, de surface et d’apparence, pour mieux pressentir les tendances durables, en profondeur et en consistance". On peut donc en déduire que la communication autour des fondations du groupe Lagardère n’a rien à voir avec une banale campagne de promotion pour préparer l’éventuelle entrée d’un futur actionnaire au Monde SA. Il s’agit juste d’une "tendance durable" pressentie par les journalistes du Monde et détaillée au lecteur avec "profondeur et en consistance".

Monday, December 06, 2004

Le glamour "néo-cons" selon Libération

« Etes-vous Baby Fric ou Intello consumériste ? Appartenez-vous à la génération Botox ou à celle des anticool ? Nos envies de consommer révèlent nos aspirations identitaires. (…) Modernité et bon goût sont presque devenus synonymes. La conscience politique n’exclut pas une certaine gourmandise étiquetée « bio » ou « commerce équitable ». Au grès des instants, des envies, des bonnes causes, comme des aléas de la vie, on permute d’une humeur à l’autre. Portraits difractés sous formes de cadeaux miroirs du moment ».

C’est ainsi que s’ouvre le supplément de Libération du 04/12/04, intitulé « Cadeaux à personnalités multiples ».
Il ne s’agit pas de dénoncer une nouvelle fois les dérives du journalisme publicitaire et des tentatives (à peine) dissimulées d’attirer des annonceurs dans des suppléments « spéciaux » siglés « Libé », qui ressemblent à s’y méprendre à des catalogues de vente par correspondance (on notera tout de même la belle performance de la régie publicitaire de Libération avec 28 pages de publicité sur un total de 51 pages). Il ne s’agit pas non plus de s’offusquer de la yuppification de la rédaction du quotidien créé par Jean-Paul Sartre pour « donner la parole au peuple ». Il s’agit plutôt de s’intéresser à quelques uns des concepts utilisés par les deux journalistes qui ont coordonné ce supplément. On notera que parmi ces deux journalistes figure Paquita Paquin, madame mode de Libération, et ancienne « égérie du mouvement punk français des 80’s », selon le magazine Tetu. Tout se recycle aujourd’hui, même les « égéries » punk.
En lisant la brève introduction de ce supplément cadeaux, on peut facilement imaginer l’ombre des planneurs stratégiques guidant la plume de nos deux « journalistes ». Le style reflète à la perfection l’idéologie de la positivité propre au marketing et le caractère normatif des injonctions performatives (« Nos envies de consommer révèlent nos aspirations identitaires », c’est aussi simple que cela).
Donc, selon la typologie choisie par ce supplément, des objets divers ont été sélectionnés et classés dans différentes catégories : « baby fric », « intello consumériste », « néo-conservateur », « alter jet-set » ou « urbain migrateur ». Autant de catégories brutes qui, aussitôt énoncées, sont censées refléter la réalité des nouveaux comportements de consommateurs. On notera le besoin, sans doute lié à la « réputation » de l’éditeur du supplément (un journal dit d’opinion et de gauche), de mâtiner d’un vernis de « conscience politique » des purs concepts de marketing : « La conscience politique n’exclut pas une certaine gourmandise étiquetée bio ou commerce équitable ». Il suffit donc de faire appel à ces deux mots pour se dédouaner de l'esprit consumériste qui ne colle pas avec la « marque » Libération.
Ce supplément a, entre autres objectifs affirmés en direction du lecteur-consommateur, vocation à définir la « modernité », incarnée dans le « miroir du moment ». « Modernité et bon goût sont presque devenus synonymes », autrement dit nous sommes en présence d’un discours sur la modernité, telle que la sélection de « cadeaux » est censée le refléter. « Le discours de la modernisation s’affirme dans une logique adaptative de la survie et de l’urgence : la vitesses des évolutions et leur portée sont telles qu’il n’existe d’autre choix pour la société que de s’y adapter au plus vite si elle ne veut pas dépérir » (J-P Le Goff, La démocratie post-totalitaire). Il n'est donc même plus question de choisir à quelle catégorie nous appartenons, puisque « Nos envies de consommer révèlent nos aspirations identitaires ». Dans le système de pensée (et de second degré qui permet de se défausser vite fait) élaboré par ce supplément, il suffirait donc de feuilleter les pages pour savoir dans quelle catégorie se ranger. Bien sûr, un certain ton ironique et cynique nous indique qu’il s’agit là juste d’une mise en scène. Mais on retiendra une catégorie inédite, qui fait sans doute référence à une certaine forme de « conscience politique » : le néo-conservateur (sic). Il est ainsi défini dans les pages du supplément : « repli sur le confort des valeurs sûres, relecture light des grands classiques, icônes : Béatrice Ardisson, Jacques Garcia, Stéphane Bern »… Pour conclure on reviendra à une autre citation de J-P Le Goff au sujet de « la nouvelle langue de bois et la création d’un monde fictif » : « Les milieux du management, de la communication et de la formation ont leur propre langage qui forme un univers clos, à l’abri de l’épreuve du réel et coupé du sens commun : les notions employées ne sont guères définies, la forme semble faire fi de toute exigence de rigueur ou de cohérence, les références théoriques sont allusives et éclectiques, et l’on observe une frénésie de découpages et de classements ». Inutile donc de chercher de quelles valeurs sûres il pourrait s'agir ou des grands classiques dont il est question... L'étiquette Néo-cons donne un petit côté provoc', histoire de faire référence au bruit de fond de l'actualité (élections américaines, guerre en Irak, etc.). Une manière sympathique de bobo de se moquer gentiment de son fond de commerce, l'actualité. Une manière de dire un peu n'importe quoi, juste pour enjoliver un supplément publicitaire, de manière à ce qu'il corresponde une nouvelle fois au style Libé, et surtout à la marque Libération. Une marque dont Edouard de Rothschild devrait bientôt acquérir 37% du capital.


Les autorités suisses pourraient retarder les élections irakiennes

Selon la Radio Suisse Romande (RSR), les élections irakiennes, prévues le 30 janvier 2005, pourraient prendre du retard à cause de l'inertie des autorités suisses. La société Manpower est chargée d'établir à Genève les listes des électeurs irakiens. Selon Manpower les autorités suisses, cantonales en particulier, tardent à délivrer des permis de travail pour les recruteurs. L'entreprise Manpower n'a pu engager les 1400 employés nécessaires. Elle doit recruter plus d'un millier de candidats arabophones ou kurdophones, mais elle attend toujours des autorisations de travail pour plusieurs centaines d'entre eux. Le quotidien suisse Le Temps précise que "parmi les gens qualifiés pour cet emploi, il y a d'une part des requérants d'asile en Suisse qui ne peuvent pas travailler et d'autre part des Français des départements limitrophes de Genève qui n'ont pas de permis, a précisé le responsable de Manpower". Du côté des autorités genevoises, il n’est pas question de déroger aux règles habituelles car elles soulignent que préparer les élections irakiennes comporte des risques peu communs. Elles reprochent à Manpower de ne pas avoir pris contact assez tôt avec les services concernés, pour organiser l'opération de concert. Autre cause d’un possible retard des élections en Irak, les Irakiens tardent aussi à transmettre les données nécessaires à la société Manpower.
Cette information a été relayée par les principaux médias en Suisse, depuis début novembre. Mais je ne trouve trace de cette information nul part ailleurs sur le web, et encore moins dans les médias français.

L'ère du vide

Gilles Lipovetsky écrivait en 1983 :

La culture post-moderne représente le pôle "superstructurel" d'une société sortant d'un type d'organisation uniforme, dirigiste et qui, pour ce faire, brouille les ultimes valeurs modernes, rehausse le passé et la tradition, revalorise le local et la vie simple, dissout la prééminence de la centralité, dissémine les critères du vrai et de l'art, légitime l'affirmation de l'identité personnelle conformément aux valeurs d'une société personnalisée où l'important est d'être soi-même, où n'importe quoi, dès lors, a droit de cité et de reconnaissance sociale, où plus rien ne doit s'imposer impérativement et durablement, où toutes les options, tous les niveaux peuvent cohabiter sans contradiction ni reléguation.

En bon individu post-moderne donc, j'ouvre un blog.


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